Cap-Haïtien, 7 janvier 2026 –
L’Union des Journalistes du Nord d’Haïti (UJNH) hausse le ton après la tentative d’assassinat perpétrée le 27 décembre dernier contre plusieurs journalistes sur la rue 6 boulevard au Cap-Haïtien. L’attaque, attribuée au policier Alendy Étienne, garde du corps du maire Patrick Almonor, ainsi qu’à des agents de sécurité de la Mairie, continue de susciter indignation et inquiétude dans la corporation.
Lors d’une conférence de presse donnée ce mardi 6 janvier 2026, les responsables de l’UJNH ont exhorté l’inspecteur général Jean Moïse, de l’IGPNH Grand Nord, à accélérer et à approfondir le traitement de la plainte déposée contre l’agent Étienne. Ils dénoncent par ailleurs le « silence complice » de la Mairie du Cap-Haïtien et du Directeur départemental Nord de la PNH, le commissaire Sem Calixte, malgré la gravité des faits.
Selon l’UJNH, les journalistes ciblés continuent de recevoir des menaces, tant par appels anonymes que via les réseaux sociaux, alimentant un climat d’intimidation qui vise clairement à décourager l’exercice du métier.
Le cabinet d’avocats « Kay dwa, Kay lwa », accompagné des journalistes agressés, affirme vouloir « établir un précédent » afin que de telles violences, qualifiées de barbares, ne se reproduisent plus contre les travailleurs de la presse.
Plusieurs observateurs estiment que la Mairie cherchait ce jour-là à déplacer des véhicules sur le boulevard pour faciliter l’organisation d’un bal du groupe KLASS, censé se tenir dans un hôtel de la zone. Les maires assesseurs auraient voulu satisfaire un proche impliqué dans l’événement. C’est dans ce contexte que l’agression du 27 décembre s’est produite.
L’UJNH réclame justice sans détour et exige que les responsables de cette tentative d’assassinat répondent devant la loi, rappelant que la liberté de la presse demeure un pilier essentiel dans une société déjà fragilisée par l’impunité.
